Mardi 28 novembre 2006 2 28 11 2006 21:40

Voici un groupe dont je n'ai pas souvent le loisir de parler.
Pour certain, celà semblera rébarabtif bien sûr, mais pour d'autres, je doute que l'article soit inintéressant. Il est toujours bon de s'ouvrir à d'autres horizons musicaux, surtout du côté du New Age où tout est différent. Et puis ça me fait un deuxième article digne de ce nom!

Comment j'ai connu le groupe:
Entre 2 et 4 ans. Et oui, je m'en souvient. Mes parents et moi avions l'habitude de passer les week end chez mémé (mon arrière grand-mère). Tous les dimanches soirs, sur l'autoroute qui nous ramenait à Paris, mon père passait la même musique, les mêmes disques. Parmi eux, "Into the Labyrinth" de Dead Can Dance. Et je m'endormais dessus. Inutile de vous dire ce que les chansons de ce disque représentent pour moi. Ceux qui ont eu la chance de se faire bercer par leurs mères et qui gardent en souvenir certaines chansons voient très bien de quoi je parle.

Qu'est ce que c'est?
C'est un groupe britannico-australien (des nationalité de ses deux fondateurs) créé en 1981 et classé Cold Wave, comme beaucoup d'autres groupes de cette époque (l'après punk). A la Fnac, vous trouverez les CD's classés dans la partie "New Age" ou "World Music" Ca doit déjà être plus parlant pour certains. On pourrait résumer la composition du groupe à un duo entre les deux pilliers fondateurs du groupe: Lisa Gerrard (australienne), et Brendan Perry (Anglais). A eux deux, ils se répartissent les différentes parties instrumentales de leurs chansons. Lisa Gerrard apporte ses influences classiques par la combinaison de cymbalon et du chant lyrique (voix d'alto mezzo, qui passe des fois pour une voix d'homme). Perry de son côté maintient une couleur rock anglais (un rock plutôt psychédélique), et chante dans sa langue maternelle. A cette base très spécifique du groupe s'ajoute au fil des albums des influences ethniques très diverses (africaines, médiévales, asiatiques, gothique), et donc l'ajout de percussions et d'instruments à cordes et à vents inconnus de l'occident.
Cette complémentarité des influences définit la caractéristique principale du groupe: l'évolution. Aucun de leurs albums ne se ressemblent, et ne peuvent être classé dans le même genre que le précédent. C'est une musique de découverte sans lien chronologique.
C'est pour celà que j'ai souvent du mal à définir dans une conversation le genre auquel appartient le groupe. C'est une musique inclassable, de son propre genre.
Gerrard et Perry se séparèrent en 1998 pour et se réunirent en 2005 pour une ultime tournée mondiale.

Et leurs disques?
La musique de Dead Can Dance était très originale, voire athypique, le groupe décida de signer avec le label 4AD réputé pour son indépendance et sa professionalité à but non lucratif. Ca ne vous dit rien? Allez, un indice: les Pixies.

Je met ci-dessous les disques qui valent le détour:

Dead Can Dance: leur premier disque porte leur nom, c'est une méthode empruntée par un bon nombre de groupes, au cas où le succès ne vienne pas d'emblée. Dans leur cas, c'était un bon choix. Il sort en 1984. C'est un premier contact entre le rock de Perry et la musique très mystique de Gerrard. Pas trop mal réussi. Les percussions sont la grande réussite de l'album (Frontier) . On sent encore les influences rock à la Pink Floyd. Un très bon exemple: In Power We Entrust the Love Advocated. Le cymbalon commence à s'affirmer dans Carnival of Light, sur des accents de musique celtique. L'album reste référencé en Cold (A passage in time).
Couverture: Un masque rituel de Nouvelle-Guinée, symbole d’une mort omniprésente dans la vie, et partageant donc avec elle toutes ses caractéristiques, dont la danse: Dead Can Dance. C'est cette première couverture qui a beaucoup fait parler d'eux (à échelle ajustée bien sûr).



Spleen and Ideal: 1985. C'est leur second album. Si on pouvait le résumer à un mot ce serait: construction. Le titre est assez parlant. On s'attend tout de suite à un hommage à Baudelaire et au symbolisme. La révérence est faite en effet, dans les paroles très poétiques accompagnant une atmosphère très religieuse. Le premier morceau:  De Profundis Out Of The Depths Of Sorrow fait intervenir l'orgue, un choeur byzantin guidé par la voix de Lisa Gerrard, et une composition instrumentale très classique, orchestrale dans le reste de l'album. Je conseille une écoute intégrale, parceque cet alubm est construit sur une amplification du son, par l'ajout de nouveaux instruments au fil des morceaux, ce qui permet aussi de faire varier la couleur de chaque texte. A écouter:  Enigma Of The Absolute et The Cardinal Sin interprétés par Perry, derniers morceaux aux influences goth, et dont les textes sont aussi intéressants que la musique.
Couverture:



Within the Realm of a Dying Sun: 1987. Sûrement l'un de leurs meilleurs albums. Plus riche, plus profond. Leur identité acceptée depuis le premier album s'étoffe. On y voit l'apparition de sonorités lugubres. Il est partagé en deux parties: la première est prise en charge par Perry. Il commence alors à créer sa propre atmosphère romantique, particulièrement sur Anywhere out of the world, dont les paroles laissent peu d'ambiguité sur leur hommage à Baudelaire. Ce morceau ouvre l'album avec une rythmique d'accords plaqués troublante, et l'émergence d'une complainte en écho. L'espace musical est infini, vide, et les montées de Perry nous font ressentir dès le départ la solitude angoissante. La deuxième partie est confiée à Gerrard. Le morceau le plus remarquable de cette  partie est Cantara: Une introduction au cymbalon, puis l'entrée des percussions, et une accélération de rythme. Dans un live, on la voit interpréter cette chanson en robe blanche, longue, les cheveux noués en tresse, et faire des signes lents de bénédiction (c.f videos). Elle commence à affirmer sa voix de musique lithurgique, profondément mystique sur un mode incatatoire. Après l'ouverture de Perry, Gerrard impose son chef d'oeuvre: Summoning of the Muse.. C'est un bijou qui sera d'ailleurs repris par la suite.
Couverture: Cette statue est au cimetière Lachaise à Paris XXèm
e.



Into the Labyrinth: 1993  Le meilleur,et de loin. C'est en tout cas celui que je préfère!
Il est teinté de musique orientale et africaine.
Le premier morceau, Yulunga (Spirit Dance), est un chef d'oeuvre! Une musique aux influences africaines, les aménagements pour percussions sont remarquables, et la voix de Lisa Gerrard s'adapte parfaitement au décor. D'autres morceaux au mêmes influences: Saldek (démonstration vocale remarquable),  Le morceau est suivi de The Ubiquitous Mr Lovegrove, revanche de Perry sur un fond de percussions orientales, et The Wind that shakes the Barley, dont je parle plus loin. Je me souviens toujours mieux de la voix de Perry concernant cet album. Ces interpétations sont plus abouties, et plus envoutantes que dans les autres albums. Le morceau de clôture: How Fortunate the Man with None fait réfléchir : une atmosphère en suspens, agrémentée par des notes tenues aux violons, de soudains roulements de grosse caisse.. Bon, sang, lisez les paroles!
Couverture:  Une main adulte entourée par deux petites mains d'enfants. La couleur de leur peau donne  la couleur musicale de l'album dans son ensemble. Mais le fond est noir aussi; alors que signifie cette couleur finalement? Ce n'est plus une main noire, mais la main d'un vieux peuple peuple qui émerge de l'obscurité. En lisant les paroles, dont celles de Tell Me About The Forest (You Once Called Home) on se rend compte du désir de morale et d'éveil des consciences. Tout est à faire dans le futur, qui, un jour, ne se détournera plus de ses anciennes forêts et de ces "anciennes" civilisations qui ont encore tant à nous apprendre...



Franchement, ça ne me dit rien!
Evidemment, le groupe est méconnu, mais réuni un cercle d'admirateurs assidus. Une fois qu'on aime, on ne s'en défait pas!
Je vous contredis certainement en vous disant que vous connaissez tous ce groupe, du moins vous en avez tous entendu les sonorités. Un indice: la B.O de Gladiator. Et oui, la sublime voix que vous entendez n'est autre que celle de Lisa Gerrard qui a intégralement composé les morceaux en collaboration avec Hans Zimmer. Une sorte d'Enya en mille fois mieux, mille fois moins commercial, et donc mille fois plus musical. Elle a également participé à la BO de La Chute du Faucon Noir.
Lisa et Perry se sont maintenant entièrement inverstis dans leur carrière solo. De Dead Can Dance, il ne reste que les disques. Je me doute que vous n'allez pas courir à la discothèque pour vous les procurer après la lecture de cet article. Dans ma grande gentillesse, je vous livre une de sons et de videos pour vous mettre sur la voie.



Audio:

Yulunga
Note: ✧✧✧✧
Album: Into the Labyrinth
Musique: Ethnique (Africain)


Summoning of the muse
Note: ✧✧✧✧
A regarder absolument, c'est le titre le plus connu. Les amateurs de jeux vidéos reconnaitront peut être un air.

The Carnival is over
Note:
✧✧✧

In Power We Entrust The Love Advocated
Note: ✧✧✧✧

The Ubiquitous Mr. Lovegrove
Note: ✧✧✧✧

The wind that shakes the barley
Note: ✧✧✧✧

Sanvean
Note: ✧✧✧✧

Persephone
Note: ✧✧✧✧

A passage in Time
Note: ✧✧✧✧

The host of Seraphim
Note: ✧✧✧✧

How fortunate the man with none
Note: ✧✧✧✧

The Ubiquitous Mr. Lovegrove [Live]
Note: ✧✧✧✧

Vidéo:

Yulunga
Note: ✧✧✧✧
Clip.
Des images magnifiques sur un rythme africain.

Sanvean
Note: ✧✧✧✧
Live au Hollywood Bowl (L.A)
Lisa Gerrard interwievée puis le live dans lequel elle s'accompagne au cymbalon


The wind that shakes the barley
Note
✧✧✧✧
Live au Hollywood Bowl (L.A)
Démonstration vocale unique

Frontier
Note ✧✧
Clip
Qualité moyenne. On voit clairement le cymabon à un moment. Je précise que c'est un instrumeent encore utilisé dans certains pays comme l'Iran (je pense au santour...)

Cantara
Note ✧✧✧✧
Live au Hollywood Bowl
L'intérêt autre que d'entendre Gerrard chanter sur un autre timbreest la diversité des percussions

The Host of Seraphim
Note ✧✧✧✧
Clip.
Les images font beaucoup réfléchir.
Par Eternelle - Publié dans : Musique
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