Lundi 27 novembre 2006 1 27 11 2006 13:53

Voici une réalité dont je me rends compte au fil du temps...


Que serais-je sans musique?
L'ouïe n'a pas la même importance chez chacun de nous, certains sont plus sensibles à l'image, d'autres à l'odeur des choses. Mais l'ouïe fait quand même partie des 5 sens primordiaux à l'homme pour intéragir avec l'espace extérieur.


Je me suis toujours demandée comment seraient les choses sans le bruit qui accompagne leur existence...
Et que seraient mes voyages en train, en bus, à pied sans ma chère musique?
Qui d'autre peut mieux parler aux sentiments? Les mots sonnent faux, qui plus est, ils ne sont pas universels, seules les sonorités nous sont communes.


La musique est connue de tous, un accord mineur n'aura pas la même valeur morale pour chacun, mais l'interprétation personnelle lui rendra toute sa valeur: elle fera parler des sentiments parfois contradictoires,mais si différents d'une personne à l'autre que la synthèse de toute cette vibration émotionnelle se fondra pour former un infini éternel. D'une note de musique peut sortir l'intégralité du cosmos, et d'un simple accord  la Mémoire d'un homme, son histoire, et son destin, tout celà dans un temps si court qu'il devient intemporel, et s'inscrit plus durablement dans l'éternité
de la pensée humaine.


Je suis fière d’être musicienne. Je le dis comme j’annoncerais mes appartenances ethniques. La musique fait partie intégrante de mon identité.
Le conservatoire, c’est d’abord un choix que l’on n’a pas fait. Nos parents l’ont fait pour nous. Au fond, c’est comme notre venue au monde, nous n’en sommes pas responsables, mais lequel d’entre nous voudrait le quitter maintenant ?
J’avais 6 ans. On m’a inscrite au jardin musical, puis au solfège. J’ai commencé le piano, et la chorale. Croyez-moi, ce n’est pas une deuxième école. Il n’y a pas à l’école cette atmosphère indescriptible, cette odeur de café, de « dehors », de conservatoire. Et surtout, il n’y a pas ces sons à l’école, ceux qu’on entend quand on entre dans le couloir principal : ces échos de violons, de trompettes, de pincements de cordes, de marteaux maltraités, de voix étouffées, et ces soudains roulements de caisse claire.


Au début, c’est dur, on ne comprend pas bien ce qu’on vit, on est à l’école primaire, et on découvre déjà le travail individuel, le contact étroit entre instrument et instrumentiste, entre maître et apprenti, la différence entre « entendre » et « écouter ». L’étape la plus dure est celle du solfège, toutes ces règles de théorie, ces différentes clés, qui différencient déjà ceux qui jouent en clé de sol de ceux qui jouent en clé d’ut 3…  On a envie d’arrêter, on se sent mal, on donne ses premiers concerts, et on comprend sa responsabilité vis-à-vis de l’orchestre, du public, et de soi-même. On apprend le respect du travail, le respect des autres, le respect du silence pendant, avant et après un morceau.

L’adolescence est un passage important pour un musicien. C’est à ce moment que l’on décide de la place de la musique dans sa vie. Pour beaucoup, le conservatoire est une deuxième maison : On y passe pour voir les copains, chercher des partitions, prendre un café, s’installer dans un studio et travailler, aider à monter le sapin. J’ai passé mon enfance dans mon conservatoire, j’y ai vécu mon premier amour, mes premiers succès, mes premiers échecs, je m’y suis construite humainement, tout autant que musicalement. Je commence à récolter les fruits de toutes ces années d’efforts parfois abrégés. La musique est maintenant un soutien, un refuge, une conscience. J’ai appris à aimer le public, à aimer les autres, en appréciant les autres pupitres… Mon éducation musicale m’a donné une approche de la vie beaucoup plus mûre et harmonieuse que celle que j’aurais pu avoir.
J’ai compris la chance que j’avais de pouvoir entendre, et de pouvoir faire entendre ce que d’autres ne peuvent pas lire...


La musique est une civilisation à part entière. Elle a sa propre langue, sa propre histoire, sa propre culture, et son territoire recouvre chaque parcelle de notre planète. Elle regroupe une famille formant la plus vaste diaspora de notre Histoire. Elle seule parle à la Terre, aux plantes et aux Hommes, et à leurs dieux avec la même pureté d’expression. Elle est moteur et moyen de la nature Humaine, et s’ouvre sur une vérité universelle, patrimoine de ceux qui ne la connaissent pas. Elle ne connaît ni bien ni mal, et ne se décourage pas, car elle ne croit que ce qu’elle entend.


Par Eternelle - Publié dans : Musique
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