Voici une réalité dont je me rends compte au fil du temps...
Que serais-je sans musique?
L'ouïe n'a pas la même importance chez chacun de nous, certains sont plus sensibles à l'image, d'autres à l'odeur des choses. Mais l'ouïe fait quand même partie des 5 sens primordiaux à l'homme pour intéragir avec l'espace extérieur.
Je me suis toujours demandée comment seraient les choses sans le bruit qui accompagne leur existence...
Et que seraient mes voyages en train, en bus, à pied sans ma chère musique?
Qui d'autre peut mieux parler aux sentiments? Les mots sonnent faux, qui plus est, ils ne sont pas universels, seules les sonorités nous sont communes.
La musique est connue de tous, un accord mineur n'aura pas la même valeur morale pour chacun, mais l'interprétation personnelle lui rendra toute sa valeur: elle fera parler des sentiments parfois contradictoires,mais si différents d'une personne à l'autre que la synthèse de toute cette vibration émotionnelle se fondra pour former un infini éternel. D'une note de musique peut sortir l'intégralité du cosmos, et d'un simple accord la Mémoire d'un homme, son histoire, et son destin, tout celà dans un temps si court qu'il devient intemporel, et s'inscrit plus durablement dans l'éternité
de la pensée humaine.
Je suis fière d’être musicienne. Je le dis comme j’annoncerais mes appartenances ethniques. La musique fait partie intégrante de mon identité.
Le conservatoire, c’est d’abord un choix que l’on n’a pas fait. Nos parents l’ont fait pour nous. Au fond, c’est comme notre venue au monde, nous n’en sommes pas responsables, mais lequel d’entre nous voudrait le quitter maintenant ?
J’avais 6 ans. On m’a inscrite au jardin musical, puis au solfège. J’ai commencé le piano, et la chorale. Croyez-moi, ce n’est pas une deuxième école. Il n’y a pas à l’école cette atmosphère indescriptible, cette odeur de café, de « dehors », de conservatoire. Et surtout, il n’y a pas ces sons à l’école, ceux qu’on entend quand on entre dans le couloir principal : ces échos de violons, de trompettes, de pincements de cordes, de marteaux maltraités, de voix étouffées, et ces soudains roulements de caisse claire.
Au début, c’est dur, on ne comprend pas bien ce qu’on vit, on est à l’école primaire, et on découvre déjà le travail individuel, le contact étroit entre instrument et instrumentiste, entre maître et apprenti, la différence entre « entendre » et « écouter ». L’étape la plus dure est celle du solfège, toutes ces règles de théorie, ces différentes clés, qui différencient déjà ceux qui jouent en clé de sol de ceux qui jouent en clé d’ut 3… On a envie d’arrêter, on se sent mal, on donne ses premiers concerts, et on comprend sa responsabilité vis-à-vis de l’orchestre, du public, et de soi-même. On apprend le respect du travail, le respect des autres, le respect du silence pendant, avant et après un morceau.
L’adolescence est un passage important pour un musicien. C’est à ce moment que l’on décide de la place de la musique dans sa vie. Pour beaucoup, le conservatoire est une deuxième maison : On y passe pour voir les copains, chercher des partitions, prendre un café, s’installer dans un studio et travailler, aider à monter le sapin. J’ai passé mon enfance dans mon conservatoire, j’y ai vécu mon premier amour, mes premiers succès, mes premiers échecs, je m’y suis construite humainement, tout autant que musicalement. Je commence à récolter les fruits de toutes ces années d’efforts parfois abrégés. La musique est maintenant un soutien, un refuge, une conscience. J’ai appris à aimer le public, à aimer les autres, en appréciant les autres pupitres… Mon éducation musicale m’a donné une approche de la vie beaucoup plus mûre et harmonieuse que celle que j’aurais pu avoir.
J’ai compris la chance que j’avais de pouvoir entendre, et de pouvoir faire entendre ce que d’autres ne peuvent pas lire...
La musique est une civilisation à part entière. Elle a sa propre langue, sa propre histoire, sa propre culture, et son territoire recouvre chaque parcelle de notre planète. Elle regroupe une famille formant la plus vaste diaspora de notre Histoire. Elle seule parle à la Terre, aux plantes et aux Hommes, et à leurs dieux avec la même pureté d’expression. Elle est moteur et moyen de la nature Humaine, et s’ouvre sur une vérité universelle, patrimoine de ceux qui ne la connaissent pas. Elle ne connaît ni bien ni mal, et ne se décourage pas, car elle ne croit que ce qu’elle entend.
La musique n'a pas d'appartenance culturelle mais pourtant en l'écoutant, il n'est pas difficile d'en voir ces influences. La musique peut être composée en tranquillité mais cette même mélodie peut pourtant nous transcender...
Quelles sont les corrélations, scientifiques ou philosophiques de ces différences ? Sommes nous chacun unique face à la mélodie à cause de nous même ? Et si nous l'étions, pourquoi ressentirions nous tous le même sentiment sur les mêmes passages de Mozart ou de Beethoven ? Trop de questions soulèvent ces dires.
Je pense qu'il faut juste "Enjoy :-) " ^^
Peu de gens sont capables d'exprimer leur pensée aussi clairement et aussi purement... Cependant, tu n'insistes pas assez, à mon goût, sur le fait que le conservatoire, et par extension la musique, est une école de la vie. La dimension pédagogique de cet art est très importante : elle forge un caractère, une sensibilité, développe autant l'ouïe et le toucher que le patrimoine émotionnel de tout un chacun. Il est de plus scientifiquement prouvé que les musiciens développent nettement plus leur cerveau que les autres, non pas que l'apprentissage de la musique permette de découvrir des zones cérébrales inconnues, mais plutôt qu'elle fait s'agrandir les zones déjà en partie exploitées. D'un point de vue plus personnel, la musique a été une évidence dès lors que j'ai compris ce qu'elle m'avait apporté; on m'y a forcé comme tout le monde, et j'ai abondamment lutter contre cette dictature des notes, mais toutes ces larmes versées et cette énergie dépensée vallent plus que tout au monde. Sans elle, et sans toutes les rencontres qu'elle m'a offertes, sans toutes les expériences intenses et douloureuses qu'elle m'a infligées, je ne serais pas tout à fait moi ( voire pas du tout moi). Elle m'a permis de me trouver dans ce monde qui va si vite, et qui perd le goût du travail véritable et de la rigueur, elle m'a montré le chemin, mon chemin, en me donnant confiance en moi même et en apprenant à faire confiance à l'autre, elle m'a enseigné le respect du maître et j'ai compris les bienfaits de sa sévérité; elle m'a forcé à me dépasser et à aller au-delà de mes peurs.Elle permet à des gens venues de toutes les horizons de se rencontrer, et "d'émotionner" ensemble l'espace de quelques notes. Enfin, elle est, avec le cinéma et la littérature (ainsi qu les petits méandres incipides de ma vie), à m'avoir fait pleurer d'émotion. Et c'est rare, assurez-vous en. Elle détient la beauté, car la beauté d'une chose réside en son pouvoir d'émouvoir l'être humain. La seule conclusion que je puisse apporter, est que je forcerai mes enfants à la pratiquer, et j'en suis convaicue, ils trouveront seuls comment la comprendre. J'en suis tombée amoureuse, et, à part peut-être une exception, c'est la seule dont je resterai éprise jusqu'à la fin de mes jours, jusqu'au dernier souffle. La musique est un bien précieux, et je la chérirai toute ma vie.
Je sais que tu comprends tout ce que je dis là, et aussi que j'aurais raté quelque chose à ne pas avoir commencé à te connaître. J'espère que tout ça s'approfondira. Ce que j'apprécierais par dessus tout serait qu'on fasse un morceau ensemble, et puis si ça colle, qu'on en fasse encore d'autres.
A bientôt autour d'un piano
Camille
Elle vous rappelle un lieu, une atmosphere, des preceptes... et sans partager cette vision je la comprend comme si je l\\\'avais conçue... mais pour moi il n\\\'y a pas un conservatoire en particulier ... et quand le mot Musique me parvient je ne le rapproche pas de mon éducation. Pour moi qui ai grandi dans les livres de dragon et de chevalier j\\\'y trouve en quelque sorte la magie de ces livres... mais bien réelle.
La musique a le don de toucher la sensibilité, de provoquer l\\\'alegresse, de stimuler la mémoire mieu que n\\\'importe quoi. Et certain(e)s même, plus doué(e)s que les autres, nous arrachent des larmes.
Alors que je me revendique Homme, dur de dur, l\\\'animal pensant, capable d\\\'analyser mieu que les autres afin d\\\'imposer a tout évenement qui se présente la tournure que je lui préfère... soudain face a une voix pure et crystaline je tombe a genoux et la seule chose a laquelle je sois capable de penser est un espace infini dans lequel danse une onde mecanique plus communement appelé "son"... Son ? insulte ! ... La Musique.
Je m'en vais corriger ça tout de suite :D